Lundi 13 avril
HISTOIRE
L’art des peuples sans art : une histoire des gravures préhistoriques du Mont Bégo (1868-1939)
Maddalena Cataldi
en dialogue avec Marina Gallinaro
Muséum National d’Histoire Naturelle
La Vallée des Merveilles, dans les Alpes Maritimes, est l’un des fleurons actuels du Parc national du Mercantour. Située autour du Mont Bégo, elle est célèbre depuis le xvie siècle pour ses mirabilia (merveilles). Ce terme regroupait alors des représentations d’objets et de mythes grecs sur des roches colorées, mais aussi des aimants naturels, des « monstres » ou des « Pygmées ».
Maddalena Cataldi analyse la façon dont, à l’échelle d’un siècle, les interprétations scientifiques se sont succédées, imposant un imaginaire préhistorique en lieu et place des références aux mythes grecs convoquées par les observateurs du xvie siècle. L’étude du Mont Bégo s’offre comme un observatoire privilégié d’une préhistoire au quotidien. Elle rend visible l’ensemble des codes techniques liés à la reproduction, la datation et l’herméneutique variées des gravures rupestres. Elle révèle un jeu de controverses internationales sur les origines de l’art et de l’écriture, les religions primitives, la valeur du comparatisme ethnographique et les questions obscures, obsédantes en fin de parcours, de l’ethnogenèse nationale dans l’Europe des fascismes.
Chargée de recherche au CNRS (Larhra – UMR 5190), Maddalena Cataldi est docteure en histoire des sciences de l’École des hautes études en sciences sociales. Ses recherches portent notamment sur les dimensions nationale et internationale des activités des scientifiques qui ont élaboré le paradigme de l’unité biologique et de la diversité culturelle de l’humanité et qui ont défendu la nécessité d’en protéger le patrimoine.







